Skip to content
SalaireNet.Lu

Télétravail des frontaliers au Luxembourg : le compteur des 34 jours

Combien de jours pouvez-vous travailler depuis chez vous avant que votre salaire ne soit imposé dans votre pays ? Indiquez vos jours : le compteur applique les règles 2026 pour la France, la Belgique et l’Allemagne.

Télétravail, missions et formations hors du pays ; une demi-journée compte pour une journée.

Sans les congés, la maladie et les jours fériés.

Seuil fiscal France : 34 jours

Encore 4 jours

Tout le salaire reste imposé au Luxembourg.

Sécurité sociale : 13,6 % de l’activité hors du Luxembourg, sous le seuil de 49,9 % de l’accord-cadre.

Par Radif Partners, passionné par la finance personnelle, Éditeur de calculateurs et de guides pratiques

Un frontalier qui travaille pour un employeur luxembourgeois est imposé au Luxembourg sur l’ensemble de son salaire tant que les jours travaillés hors du Luxembourg ne dépassent pas 34 par an. Le seuil est le même pour les résidents de France, depuis 2023, de Belgique, depuis 2022, et d’Allemagne, depuis 2024. Il compte le télétravail, mais aussi les missions et les formations hors du pays, et une journée entamée vaut une journée entière. Le piège est au 35e jour : ce ne sont pas seulement les jours en trop qui deviennent imposables dans le pays de résidence, ce sont tous les jours travaillés hors du Luxembourg, dès le premier. La sécurité sociale suit une autre règle : jusqu’à 49,9 % de télétravail sans changer d’affiliation, grâce à l’accord-cadre européen de 2023.

Ce que compte le seuil de 34 jours

Le seuil porte sur les jours de travail effectués physiquement hors du Luxembourg, quelle qu’en soit la raison : télétravail à domicile, réunion chez un client dans le pays de résidence, formation à Paris ou à Bruxelles, déplacement professionnel dans un pays tiers. Seuls comptent les jours travaillés : les congés, la maladie, les jours fériés et les week-ends non travaillés n’entrent pas dans le décompte. Une demi-journée de télétravail, ou une journée commencée à domicile et finie au bureau, compte pour une journée entière.

Le seuil s’apprécie par année civile. Pour un contrat qui commence ou se termine en cours d’année, il est proratisé : 17 jours pour six mois de contrat. Tenez un relevé précis, jour par jour : en cas de contrôle, c’est au salarié et à l’employeur de prouver où le travail a été accompli.

Au-delà du seuil : tout bascule, pas seulement l’excès

C’est le point le plus souvent mal compris. Le seuil fonctionne comme une tolérance, pas comme une franchise. Tant qu’il est respecté, le Luxembourg impose tout le salaire, y compris la part correspondant aux jours de télétravail. Dès qu’il est dépassé, la tolérance disparaît : la part du salaire qui correspond à l’ensemble des jours travaillés hors du Luxembourg devient imposable dans le pays de résidence.

Jours hors du LuxembourgSeuil fiscalSalaire imposable dans le pays de résidence
30 jours hors du Luxembourg sur 220respecté0,0 %
34 jours sur 220respecté0,0 %
35 jours sur 220dépassé15,9 %
1 jour par semaine (44 jours sur 220)dépassé20,0 %
2 jours par semaine (88 jours sur 220)dépassé40,0 %

Un seul jour de plus, de 34 à 35, fait passer la part imposable dans le pays de résidence de zéro à environ 16 % du salaire. Le Luxembourg réduit alors sa retenue d’autant, et le frontalier déclare cette part dans son pays, où elle est imposée au barème local. Selon les taux en vigueur, l’opération peut coûter cher, notamment en Belgique où l’impôt et les additionnels communaux sont plus élevés qu’au Luxembourg.

Le seuil de la sécurité sociale : 49,9 %

Indépendamment de l’impôt, la sécurité sociale suit le principe du lieu de travail : un salarié est affilié dans un seul pays. Le règlement européen fixe la limite à 25 % de l’activité exercée dans le pays de résidence ; au-delà, l’affiliation bascule vers ce pays. Depuis le 1er juillet 2023, l’accord-cadre européen sur le télétravail transfrontalier, signé par le Luxembourg, la France, la Belgique et l’Allemagne, porte cette limite à 49,9 % pour le télétravail habituel, sur demande de l’employeur. Concrètement, deux jours de télétravail par semaine restent possibles sans changer de caisse, alors que ces deux jours font largement dépasser le seuil fiscal.

Les règles par pays de résidence

PaysSeuil fiscalEn vigueur depuisSécurité sociale
France34 jours2023 (avenant du 7 novembre 2022)49,9 % (accord-cadre)
Belgique34 jours202249,9 % (accord-cadre)
Allemagne34 jours2024 (avenant du 6 juillet 2023)49,9 % (accord-cadre)

Le seuil allemand est passé de 19 à 34 jours le 1er janvier 2024, ce qui aligne désormais les trois pays voisins. Les détails propres à chaque pays, déclarations, assimilation fiscale et allocations familiales, sont expliqués dans les pages consacrées aux frontaliers de France, de Belgique et d’Allemagne.

Bonnes pratiques

Outils associés

Sources officielles

Autres calculateurs

Questions fréquentes sur le télétravail frontalier

Combien de jours de télétravail un frontalier peut-il faire au Luxembourg ?

Sur le plan fiscal, 34 jours par an travaillés hors du Luxembourg pour les résidents de France, de Belgique et d’Allemagne : le salaire reste alors entièrement imposé au Luxembourg. Le seuil compte le télétravail mais aussi les missions et formations hors du pays, et une journée entamée compte pour une journée entière. Sur le plan social, la limite est différente : jusqu’à 49,9 % de télétravail grâce à l’accord-cadre européen.

Que se passe-t-il au 35e jour ?

Le seuil n’est pas une franchise. Dès qu’il est dépassé, ce ne sont pas seulement les jours en trop qui deviennent imposables dans le pays de résidence : ce sont tous les jours travaillés hors du Luxembourg, du premier au dernier. Avec 35 jours sur 220, environ 16 % du salaire devient imposable en France, en Belgique ou en Allemagne, et la retenue luxembourgeoise doit être ajustée.

Les jours de mission ou de formation comptent-ils ?

Oui. Le seuil de 34 jours porte sur l’ensemble des jours de travail effectués hors du Luxembourg : télétravail à domicile, rendez-vous chez un client dans le pays de résidence, formation à l’étranger, déplacement professionnel dans un pays tiers. Les congés, les jours de maladie et les jours fériés ne comptent pas, puisqu’aucun travail n’est accompli.

Le seuil est-il le même à temps partiel ou pour une année incomplète ?

Le seuil se proratise. Pour un contrat commencé en juillet, il ne reste que la moitié des 34 jours, soit 17. À temps partiel, la proratisation dépend aussi du nombre de jours travaillés prévus par le contrat. Le simulateur proratise selon les mois de contrat ; pour un temps partiel, mieux vaut vérifier auprès de l’employeur ou de l’administration fiscale.

Comment prouver le nombre de jours travaillés hors du Luxembourg ?

C’est au salarié et à l’employeur de pouvoir le démontrer en cas de contrôle. Tenez un calendrier jour par jour, conservez les ordres de mission, les notes de frais et les relevés de badge, et demandez à l’employeur une attestation annuelle du nombre de jours. En cas de dépassement, l’employeur doit aussi adapter la retenue d’impôt luxembourgeoise.

Quelle différence entre le seuil fiscal et le seuil social ?

Ce sont deux règles indépendantes. Le seuil fiscal, 34 jours, décide du pays qui impose le salaire. Le seuil social décide du pays qui encaisse les cotisations : l’accord-cadre européen, signé par le Luxembourg, la France, la Belgique et l’Allemagne, permet jusqu’à 49,9 % de télétravail dans le pays de résidence sans changer d’affiliation. Un frontalier peut donc dépasser le seuil fiscal tout en restant affilié au Luxembourg.

Évaluez cette page